7 roman thierrybis

7 roman thierrybis

 

Une première lecture pour cette saison:

Au fil d'Isis... & Les trois épreuves d'Isis

deux recueils de textes mêlant prose et poésie !

 

 

Une deuxième lecture:

Raconte-moi Mozart...

un cinquième roman se déroulant au coeur des Alpes-de-Haute-Provence !

 

 

Une troisième lecture:

Auprès de ma blonde

Le sixième roman, un suspense psychologique !

 

 

Une quatrième lecture: son dernier roman !

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Un roman dans l'air du temps!

 

Charme, Légèreté, Humour et Convivialité sont les mots-clés de ce site.

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Vent d'ange...//Frontières, textes inédits de Thierry-Marie Delaunois écrivain

  Vent d'ange ou vampire...

 

  Il marche.

  Tout simplement.

  Sous l’ultime lueur du jour.

  Une bourrasque chasse soudain quelques cumulus qui dissimulaient le soleil couchant; ses cheveux poivre et sel voltigent, agréable sensation qui libère son esprit d’un poids contraignant, celui des responsabilités qu’il endosse en continu. Contraintes, obligations, sempiternelles doléances. Travailler au sommet? A la Direction? Loin d’être une sinécure. Mais qui connaît le repos? L’harmonie? Le plus simple des employés navigue lui aussi souvent contre vents et marées: le rendement, les performances, la rentabilité... comme s’il n’y avait que ça sous la voûte!

  Cette bourrasque, sa fraîcheur, son ardeur, a éveillé en lui un curieux sentiment. Soulagement, apaisement, bien-être soudain. La brise a pénétré ses neurones, singulier pouvoir qu’il ne lui connaissait pas ou si peu. Une certaine paix l’a investi. Ses cellules devraient plus souvent prendre le large, se mettre au vert. Au vent. S’oxygéner? Rien de tel! Sur la côte ou en montagne? Qu’importe! L’important: elle l’emporte.

  Le vent, ce n’est qu’un peu d’air en mouvement; l’air, peu de choses; pourtant sa force, son énergie, est à l’origine d’incomparables bienfaits. Producteur de courant, notamment, en bord de mer purificateur hors pair, au sommet de la colline ne tarissant pas d’arguments, partout il s’insinue, jouant au courant d’air, s’amusant de tout et de rien, surprenant autant l’animal que le végétal, soufflant le chaud et le froid. Vantard ou vengeur, activant les blés et les vendanges, souvent moqueur, il vampirise parfois les contrées, propageant cris et plaintes, maître du jeu dans l’art de s’infiltrer, se vantant de son pouvoir aux quatre vents.

  Agitant la boucle de cheveux comme les boucles d’oreilles, il murmure, chuchote, parfois gémit, souvent se réjouit, ne laissant aucun être indifférent à son souffle parfois régénérateur, bien plus souvent destructeur. Ange à ses heures, démon à d’autres, il enchante comme il dérange, s’éclate comme il s’apaise, trompeur à l’aube, bienfaiteur au crépuscule.

  Que peut l’Homme face à ses caprices? Rien, en fait! Il se rit de ses efforts, agit à sa guise. Le dernier mot? Il l’a toujours. Le dernier souffle? C’est pour l’Autre, celui qui retournera à la poussière, de celle qu’à l’occasion il emportera, vampire ou vent d’ange.

 

 Frontières

 

 Perché sur un rocher, il contemplait les vagues,

 Vénérable berger qui jamais ne divague;

 Observant les reflets, songeant à Monica,

 Il cueillit un bleuet, attristé le lança.

 

 Pourquoi, bon sang, pourquoi avait-elle disparu,

 Emplie de désarroi, conservant sa vertu?

 Donné à l'écume le meilleur de son âme,

 jeté à la brume les secrets de sa flamme?

 

 D'une humeur océane, il brisa un tabou:

 Appuyé sur sa canne, il jura un bon coup;

 Le vent lui répondit: "Inutile, mon ami,

 Monica a choisi, s'est jetée dans l'oubli.

 Le grand-père, que tu es, la portera toujours,

 Au plus haut des sommets, de nuit comme de jour;

 Tu lui pardonneras les élans de son coeur,

 Et lui dédieras de tes jours le meilleur."

 

 La complainte du vent, Saturnin la reçut,

 Habité de tourments, profondément ému,

 Quand un cri le saisit, le fit se retourner;

 Un joli colibri observait le berger.

 

 "Dis-moi, mon Saturnin, toi toujours si vaillant,

 D'où te vient ce chagrin d'un coup si déroutant?

 Depuis le paradis, Monica te sourit;

 Pour elle plus de sursis, et sache qu'elle en jouit.

 Son immense peine, une fois envolée,

 Ta petite reine s'est enfin retrouvée;

 Du mal qui la rongeait, la voici libérée;

 De celui qui l'aimait, la voilà séparée."

 

 Ne saisissant pas tout, il fronça les sourcils.

 L'oiseau était-il fou? Il y vit un défi;

 Mais que lui répondre? "Colibri de malheur,

 Ton rôle est de pondre d'une franche ardeur.

 Libérée, séparée, je vois un paradoxe,

 Femelle déglinguée, juge de l'équinoxe!

 Monica libérée? De quel mal soulagée?

 D'un aimé séparée? Retourne sous la ramée!"

 

 Le berger et l'oiseau échangèrent un regard,

 Devenus fins rivaux sous les yeux d'un renard.

 Sa petite-fille à présent heureuse?

 Par quelle magie la Grande Faucheuse

 L'aurait-elle sauvée de cette souffrance

 Que bien sûr génère une si dure absence?

 Et pourquoi le renard le considérait-il 

 D'un air si revanchard? Mais que lui voulait-il?

 

 "Toi, espèce d'animal, devrais-je te chasser

 De ce lieu convivial, d'un coup t'éliminer

 De cet heureux décor, paysage aimé

 Que la nature fait d'or, et de rochers percé?"

 

 Le berger irrité, d'un regard fusilla

 Le renard sidéré, lequel se redressa.

 Jugé par Saturnin qui n'y comprenait rien,

 Un singulier coquin à l'éternel refrain?

 

 Les oreilles dressées, il s'adressa à lui:

 "Monsieur de la vallée, pur prince de minuit,

 Ta douce Monica, rongée par deux fois,

 L'esprit sain décida d'épargner son beau roi.

 Ils ne pouvaient s'aimer d'un amour partagé;

 Cherchant à le sauver, Monica l'a quitté,

 Lui évitant douleur, souffrances et désespoir,

 Car l'atroce tumeur n'engendrait pas d'espoir."

 

 Saturnin, interdit, touché baissa les yeux.

 On ne lui avait dit - c'était plus que douteux-

 Qu'il lui fallait choisir entre ciel et terre,

 Entre aimer et souffrir, et quitter Gabriel.

 

 Le renard disparu, le berger s'affala;

 Le colibri se tut, attendit qu'il parla.

 Saturnin abattu, réapparut le vent,

 Tempéré devenu, de bien loin revenant.

 

 "Te voilà de retour, me laissant avec lui,

 Le berger plein d'amour, que mon pauvre cui-cui

 Et mon savant discours n'ont pas pu retenir,

 Révélés au grand jour, annonçant l'avenir."

 

 Saturnin étourdi, gisant sur le rocher,

 L'arrogant colibri contempla le berger;

 Le temps se suspendit quand les flots se calmèrent,

 Et le vent répondit d'un élan plus qu'amer.

 

 "Ton cui-cui, ton discours, sacrebleu mon Titi,

 Mais pourquoi ces détours? Où as-tu abouti?

 Saturnin réfléchit, ne l'as-tu pas compris?

 Elle a bien réagi, il sera reconquis.

 Monica exilée, Gabriel renaîtra,

 Ayant perdu l'aimée; le temps le guérira.

 Fabuleux sacrifice qu'il faudra proclamer,

 Et aucun préjudice car il pourra aimer!"

 

 La lumière se fit dans l'esprit du berger:

 Eclairé, il admit qu'elle n'avait pas compté.

 Sa petite-fille se jeta à la mer,

 Par pure empathie, ne craignant point l'enfer.

 Très difficile choix qu'avait fait Monica,

 Que le monde et ses lois, de fabuleux fla-flas,

 Avaient dû accepter, fatale destinée

 Qu'elle devait intégrer, suprême panacée?

 

 Gabriel trouvera un autre être à aimer

 Et qui d'amour vivra sans tumeur à briser;

 Monica soulagée, de Là-haut le verra;

 L'âme transfigurée, son coeur se serrera.

 

 Se donner sans compter en toute liberté,

 Ne jamais calculer amours et amitiés,

 Arriveront alors les plus beaux sentiments

 Avec le réconfort au milieu des courants.

 Tu glorifieras l'aube et le crépuscule,

 Puis tu te donneras sans aucun préambule,

 En toute modestie, à la vie, à la mort,

 En rejetant l'envie à babord ou tribord.

 

Commentaires

  • Br Bodson

    1 Br Bodson Le 05/08/2011

    Très beau texte... il vous emporte comme le vent!
    Bravo

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