Ah l'amour! Lequel? J'invoque...non, j'évoque ici ce noble sentiment si pur qui peut investir deux êtres désintéressés, cette complexe alchimie qui conduit l'un vers l'autre un homme et une femme - il y a d'autres combinaisons possibles, nous le savons! -, pour le meilleur comme pour le... Aïe! S'installe soudain le doute. Lorsque le couple semble marqué par le mauvais sort, est-il bon de rester ensemble? Et si le sort s'acharne, que faire? Les torts ne sont-ils pas souvent partagés? Le dialogue s'impose dans ce type de situation: cartes sur table, le coeur et la raison au tapis. Qui l'emportera? S'il y a trop d'incompatibilités, faut-il absolument se séparer? Rompre?
J'ai l'intime conviction que la meilleure solution, c'est rompre lorsqu'aucun terrain d'entente n'émerge. Faits l'un pour l'autre à tout point de vue? Une ineptie ! Ne nous voilons pas la face: le grand amour existe mais il est si rare. Mes parents? Je ne les comprends pas! Ensemble depuis quarante-cinq ans, il faut le faire! Qu'en penserais-tu, Joseph? Tu me parlerais de la lune ou de l'iceberg sans doute. Non?
Aurions-nous tous une face cachée ou immergée? Sûr et chez certains êtres, elle devrait être annihilée ni plus ni moins. Soigner est insuffisant: songeons à ces terrifiants tueurs en série et aux psychopathes récidivistes. A cette évocation, j'attrape la chair de poule malgré le resplendissant soleil...
Allons, Isis, émerge, sois positive, retrouve ta sérénité, aime la vie, les gens mais pour cela ne faut-il pas avant tout s'aimer soi-même? Et pour s'aimer, n'est-il pas d'abord indispensable de se trouver? Qui ou que suis-je excepté un fabuleux fatras de particules animées? Ai-je une âme? L'âme, ce principe spirituel de l'être humain, conçu dans la religion comme séparable du corps, immortel et jugé par Dieu, j'aime peu cette définition, préférant voir en l'âme cet ensemble que forment la sensibilité et la pensée. Cela me convient mieux mais chacun ses convictions, n'est-ce pas?
Dieu, le Diable, le paradis, l'enfer, Jésus, Judas, c'est une spectaculaire odyssée ce Nouveau Testament et que croire? Selon moi, Isis, il y a le bien, le mal et bien plus de cinquante nuances de gris entre les deux, qui font parfois de la vie un réel casse-tête à se fissurer celle-ci contre un mur. Se lamenter? A quoi bon? Qui écoute réellement? Râler? Cela ne change rien à la situation mais c'est, paraît-il, salvateur, bon pour la santé mentale. Le rire? Voilà une savoureuse alternative! Savez-vous que l'humour est d'une redoutable efficacité la plupart du temps? Si, si!
Oh! Joli! A quelques mètres de moi s'est maladroitement posé sur le sol un goéland. Toujours sortir bien à temps son train d'atterrissage; sinon, cela peut au final nous faire une belle jambe. Compris? C'est de l'esprit, de l'humour quoi! Joseph est parvenu à concocter une surprenante fable sur la naissance du mal sur terre; elle m'a fait sourire, réfléchir, rire parfois, frémir à certains moments, douter à d'autres. Voici...
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