7 roman thierrybis

7 roman thierrybis

 

Une première lecture pour cette saison:

Au fil d'Isis... & Les trois épreuves d'Isis

deux recueils de textes mêlant prose et poésie !

 

 

Une deuxième lecture:

Raconte-moi Mozart...

un cinquième roman se déroulant au coeur des Alpes-de-Haute-Provence !

 

 

Une troisième lecture:

Auprès de ma blonde

Le sixième roman, un suspense psychologique !

 

 

Une quatrième lecture: son dernier roman !

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Un roman dans l'air du temps!

 

Charme, Légèreté, Humour et Convivialité sont les mots-clés de ce site.

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Transe

  Nous sommes à présent une heure plus tard et j'ai près de cinquante photos au compteur, thématique du jour: la joie de vivre. Je ne vous l'ai pas dit? Cela a dû m'échapper. Voyez le paradoxe: je m'étale, me plaignant, philosophant une once, dissertant de souffrances alors que j'effectue un reportage d'instantanés sur la quiétude, la sérénité, le bonheur si l'on veut. Tordant, n'est-ce pas? Pourquoi ai-je accepté ce projet? Parce que je suis persuadée que le bonheur est toujours présent en ce monde. Pourtant nous vivons bien souvent sur un fil, moi de même, restant sur nos gardes, même sur le qui vive. Est-ce cela vivre?

  Songeant tout à coup au prétendu ange, je décide de retrouver sa photo, remontant le cours de mes prises, ne le trouvant point. Impossible! Où est-il passé? Hargneuse, je recommence,  tombant bientôt sur le cliché d'un bout de plage désert; je dois alors me frotter les yeux. Dans ma fureur, je l'ai probablement mal cadré, c'est la seule explication possible. Je l'ai loupé, le fouille-tripes!

  L'ayant toujours en mémoire, étant bonne en dessin, je plonge alors au sol, ouvre avec fébrilité mon sac à dos pour m'emparer du nécessaire qui me permettra de l'immortaliser. La lecture, la musique, le dessin, la photo, serais-je une vraie et pure artiste? Une Van Gogh qui s'ignore? Non: je me sais sensible, un peu folle - surtout n'ayez crainte, je ne vous agresserai point! -, à l'occasion fantasque - continuons sur le chemin de la vérité! -, quelque peu schyzophrène mais je vous rassure: il faut que je sois acculée pour sortir mes griffes et de toute façon c'est plutôt moi qui en général accule les autres quand il le faut. Si cela s'avère nécessaire. Qu'est-ce que Joseph penserait de Isis de Saint-Cognac? Bonne pour l'asile, son assidue lectrice?

  Mon dessin a pris forme: un visage poupin, une auréole de cheveux bouclés, de singuliers yeux en amande... Mon feutre voyage, précis; mon coeur bat la chamade; ma respiration s'avoue saccadée, haletante; j'ai le rouge aux joues, je le sens. Le sais. Que se passe-t-il? Serais-je en transe, comme investie par une force qui me dépasse? Plus moi-même? Y aurait-il deux Isis en moi? Il me faut reconnaître que cela ne m'étonnerait guère: avec des parents comme les miens, je ne pouvais qu'être un curieux cocktail, limite Molotov, de pulsions et d'exacerbations de tout poil.

  Ma santé? Pas mauvaise mais avec une tension jouant parfois du yoyo et un pouls rappelant à l'occasion l'hymne à la joie; quant à mon équilibre mental, c'est un peu la cinquième de Beethoven: fatale destinée! Que vais-je devenir? Je n'ai pas réellement trouvé ma voie, je le reconnais mais pourquoi? J'ai envie de hurler mais j'aboutirais à coup sûr en neuro-psychiatrie. Le diagnostic? N'y songeons même pas: les toubibs vous trouvent toujours quelque chose surtout quand vous n'avez rien! Strictement rien! On a failli m'enfermer après mon traumatisme; oui, il a appelé cela un trauma, le spécialiste qui m'a disséquée soi-disant pour que je parvienne à me reconstruire par la suite. Non sens! Aberration!

  Pas mal, je suis ravie: le portrait de mon prétendu ange est réussi; même sans avoir utilisé de couleurs, il me plaît. Pas lui, le portrait! La représentation que j'en ai faite. Où est-il passé, l'énergumène? Mais de quoi se mêlait-il? Il ne m'écoutait point comme s'il savait déjà tout de moi, c'est étrange mais ne nous échauffons pas inutilement les méninges et reprenons à présent le fil de nos pensées! La pensée, c'est ce qui fait notre complexité, nous menant parfois vers bien des douleurs. Cette grave erreur de toujours vouloir se comparer aux autres nous conduit souvent à nous arracher les cheveux: comment parvenir à être aussi heureux que notre voisin ou plus heureux si possible? Il a ceci, moi je ne l'ai point, intolérable! Ne peut-on parvenir à se contenter du peu que nous possédons ? Toi, mon Joseph, que possèdes-tu à part ce coeur si délicat et cet esprit si prompt à matérialiser la pensée, l'idée? Je ne t'idéalise point, n'aie crainte mais après avoir lu "Mais où es-tu?", j'ai eu du mal à contenir mon émotion et un singulier trouble m'a menée à penser que tu étais probablement un être supérieur, un homme de l'être, un poète des temps modernes. Maudit? J'espère que non mais mon petit doigt, toujours le même, me révèle toutefois que tu n'en mènes pas large...

 

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