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Dans Critiques

Les déferlantes de Claudie Gallay lu par Thierry-Marie Delaunois écrivain

Par Le 18/12/2011

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"Claudie Gallay excelle à créer des atmosphères enfermant lecteur et personnages dans des secrets bousculés à coups de phrases courtes". (Le magazine Littéraire) Effectivement. Dans un style qui lui semble personnel, loin d'être aseptisé, à l'occasion chaotique, elle nous emmène à La Hague, en bord de mer, où vents et pluies, comme les vagues, déferlent, sous un ciel bien souvent bas, gris, plombé. "Sous la violence, les vagues noires s'emmêlaient comme des corps. C'étaient des murs d'eau qui étaient charriés, poussés en avant, je les voyais arriver, la peur au ventre, des murs qui s'écrasaient contre les rochers et venaient s'effondrer sous mes fenêtres. Ces vagues, les déferlantes. Je les aimées. Elles m'ont fait peur."

Ses personnages également déferlent, sillonnant le village, son bistrot, la mer, le port, la plage, la lande: la narratrice, ornithologue, habitée par un passé douloureux, oppressant, le mystérieux et taciturne Lambert, le vieux Théo, ancien gardien du phare, Nan, vieille dame en robe noire parcourant sans cesse le rivage, à la recherche des siens disparus en mer, Lily et sa curieuse mère, une paire qui ne peut qu'éveiller la curiosité de Lambert et de la narratrice, Raphaël, génial sculpteur visiblement hanté par ses oeuvres, et sa soeur Morgane, la jeune et belle Morgane, l'étrange Max aux discours souvent excentriques, tout ce monde évoluant par vagues successives, immuables, d'une lenteur parfois démesurée.


Que veut Lambert? Que cherche-t-il? Ce phare s'est-il éteint, causant ce sinistre naufrage au large des côtes? Qui était ce petit Michel à présent disparu, d'où venait-il? Autant d'ombres que projette vers nous Claudie Gallay, tenaces, imprégnées de secrets, et le récit qu'elle nous offre n'est qu'un dialogue-océan entre l'ornithologue et l'homme qu'elle aimait. L'utilisation du passé composé accentue aussi cet effet narratif: "J'ai parcouru...il a dit...elle a répondu...j'ai apporté...".

Le jour, la nuit, des atmosphères imprégnées de cormorans, de goélands, des douleurs atténuées par le souffle du vent, amplifiées par le silence de la mer, une eau envahissante, quasi omniprésente, voici les véritables déferlantes que nous assène Claudie Gallay.

"Je savais que l'on pouvait rester très longtemps comme ça, les yeux dans la mer, sans voir personne. Sans parler. Sans même penser. Au bout de ce temps, la mer déversait en nous quelque chose qui nous rendait plus fort. Comme si elle nous faisait devenir une partie d'elle. Beaucoup de ceux qui vivaient cela ne repartaient pas." Le lecteur également décrochera difficilement du récit une fois parvenu à son terme, et son esprit continuera à errer, écumant la lande, observant ce phare lumière dans la nuit pour qui cherche l'espoir ou la délivrance de l'angoisse.

Si vous découvrez ce Gallay sur une plage, proche ou lointaine, emportez-le pour le lire face à la mer. Aux déferlantes. Il vous submergera irrémédiablement.

Les déferlantes: 539 pages en poche, Grand Prix des lectrices Elle 2009.

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Lorsque j'étais une oeuvre d'art de Schmitt, lu par Thierry-Marie Delaunois écrivain

Par Le 29/11/2011

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 "La beauté est une malédiction qui n'engendre que la paresse et l'indolence. La laideur est une bénédiction qui appelle l'exception et peut transformer une vie en magnifique destin...", extrait du roman, d'une lucidité parfois extrême, dans lequel la beauté pure et l'intelligence ne vont apparemment pas de pair. Devenir un objet? Une oeuvre d'art? Notre société serait-elle organisée de telle sorte qu'il vaudrait mieux être une chose qu'une conscience? La pensée est-elle un obstacle à l'épanouissement? Au bonheur?

 Surprenant autant que le chemin pris par un filet d'eau cherchant à s'échapper, aussi dérangeant que divertissant dans son développement, "Lorsque j'étais une oeuvre d'art" présente au lecteur une palette de personnages hors norme, ceux-ci évoluant au coeur d'un récit d'une originalité parfois cruelle.

 Utilisant le "je", Schmitt nous fait vivre ici les tribulations d'un homme devenu oeuvre d'art entre les mains d'un curieux génie brassant surtout du vent. N'est-ce pas risqué de se vendre d'une telle manière, de se perdre ainsi dans un monde où le profit est roi? Et qu'advient-il alors de l'âme? Schmitt nous propose là une singulière réflexion; l'on plonge aisément avec Adam dans les méandres de la célébrité et ses revers. "La gloire va mieux aux morts; c'est un vêtement d'emprunt, elle rend les vivants ridicules...". A méditer en compagnie D'Eric-Emmanuel.

 

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Le Miroir de Cassandre de Bernard Werber lu par Thierry-Marie Delaunois écrivain

Par Le 13/10/2011

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 Conte futuriste, philosophique, initiation chamanique (Audrey Lévy, Le Point) surprenante, parfois déroutante - vraiment l'imagination au pouvoir! - racontée au présent avec un sens de la narration allègre et souple, le Miroir de Cassandre présente une intrigue fort originale dévoilant des personnages déjantés, marginaux dans l'âme, proposant aussi des rencontres épiques et des éléments de fiction attrayants: peut-on prédire le futur? Le voir? Calculer avec précision les probabilités que tel ou tel événement se produise? Le cerveau, l'esprit, peut-il être conditionné pour "voir"?

 Hommage aux visionnaires parsemé de plongées dans un lointain passé (Troie, l'antique Cassandre, notamment) et habité d'un humour qui fait mouche même dans les minutes d'angoisse et les pensées de Cassandre 17 ans, la mémoire de son enfance sur pause, ce conte passe souvent d'un extrême à l'autre, mêlant habilement les instants de calme, de tension et de violence parfois bestiale. Cassandre se défend bec et ongles si nécessaire.

 Dès la première scène, on plonge dans le récit tambour battant: un mystérieux jeune homme saute du sommet de la tour Montparnasse. Orlando, Esméralda, Fetnat et Kim forment quant à eux un pittoresque quatuor fort loin d'apprécier l'intrusion de la petite dans leur monde, leur vie, leur village. Un monde à part, d'odeurs fétides, tapissé de carcasses et de débris en tout genre, habité par des rats, des gitans et des Albanais notamment.

 Cassandre retrouvera-t-elle la mémoire? Quel jeu joue Philippe Papadakis? La princesse a-t-elle un frère toujours en vie? Qu'est-ce que l'expérience 24? Que lui a-t-on fait? Une phrase parmi d'autres retient l'attention: "La vérité est une grenade dégoupillée à utiliser avec parcimonie et pas avec n'importe qui...". Elle éveille l'intérêt, ensorcelle, nous tient en haleine tout comme Cassandre en quête d'elle-même. Peut-on se souvenir de ses vies passées? Peut-on en rêver? Récit captivant, le Miroir de Cassandre possède également des passages assez copieux en explications, seul défaut de l'ouvrage, mais celui-ci n'altère pas l'ensemble: véritable invitation au voyage dans l'espace-temps, il est à la fois l'alpha et l'omega, l'aube et le crépuscule. Votre probabilité de mourir dans les cinq secondes? A découvrir dans le récit. "Je vois l'Arbre du Temps qui pousse avec toutes ses possibilités de futur en bourgeons. Je sens que je suis un sac de particules lui-même compris dans un sac encore plus grand...". Le Miroir? Une lecture recommandée à ceux qui...souhaitent connaître le futur. Leur avenir.

 

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En poche: 785 pages. N'en sautez aucune! Lecture hautement recommandée aux fans.

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Boomerang de Tatiana de Rosnay lu par Thierry-Marie Delaunois écrivain

Par Le 03/10/2011

 Comme l'affirme Emilie Grangeray (Le monde des livres): le sens de la narration et du suspense. Et T. de Rosnay sait passer du présent au passé, et inversement, sans heurter le lecteur. Oeuvre profonde, délicate et émouvante, Boomerang se lit avec plaisir, déroulant son intrigue par petites touches successives: Antoine, angoissé, attend le réveil de sa soeur Mélanie, en faisant le bilan de sa vie, relativement désastreux à ses propres yeux; Mélanie, accidentée, semble avoir perdu la mémoire de ce secret qu'elle était sur le point de révéler à son frère; Arno, le fils aîné d'Antoine, adolescent en crise - peut-être un pléonasme -, est déboussolé, prêt aux 400 coups pour s'affirmer, la maladresse au rendez-vous; Margaux, sa soeur, a également perdu ses repères; Lucas, le petit dernier, change lui aussi. Il aime son père, mais...

Et les relations d'Antoine avec son propre père ne sont pas des meilleures tandis qu'Astrid, son ex, paraît indifférente, comme déconnectée, couchant avec son beau Serge. Quel est ce secret? Quelle est cette énigme qui pèse sur cette famille déstabilisée? Le temps des révélations est-il venu? Mais il faudrait que Mélanie se souvienne...

De l'allant, un style simple, précieux, d'agréables descriptions, un mystère teinté d'ombres et de lumière, des dialogues plaisants, Boomerang, c'est tout cela ainsi qu'un mélange d'optimisme et de noirceur savamment dosé mais... ne révélons rien présentement. Quant au passage du Gois, il s'impose fascinant, sans pareil: "Sur sa gauche, dans un grand silence, lentement la baie s'était remplie, comme un immense lac, sombre et profond. L'eau coulait en creusant de fins canaux dans les sables boueux. Et sur sa droite, des vagues surgies de nulle part, inondaient déjà la chaussée. Ces deux flux convergaient en une étrange étreinte formant un long ruban d'écume..." Boomerang? Une bien étrange étreinte entre le passé et le présent, le conformisme et un certain modernisme, le clair et l'obscur. A lire d'une traite.

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Recommandé par Thierry-Marie Delaunois!

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êtes-vous le 500ème visiteur de ce site?

Par Le 14/05/2011

Jetez un coup d'oeil en bas de la page "Je vous invite...".

Vous l'êtes? Félicitations!

Dirigez-vous vers la page "Texte inédit" pour tenter de gagner un exemplaire de "Troubles et incertitudes" toujours à la vente, et répondez à la question que vous y trouverez. Bonne chance et bonne exploration!

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Concours express, rapidité et précision requises

Par Le 07/05/2011

Concours 1: Un exemplaire de "Troubles et incertitudes" est à gagner. Répondez aux questions A et B du concours (page "le visage littéraire") avant le 22-5, par l'intermédiaire de la rubrique "contacts" (en texte libre) et laissez-y vos coordonnées postales complètes pour l'envoi du roman. Confidentialité garantie. Ce concours est ouvert à tous en France et en Belgique.

Concours 2: Deux exemplaires de "Y croire..." sont à gagner en juin. Répondez aux questions C et D du concours (page "actualités") avant le 15-6, par l'intermédiaire de la rubrique "contacts" (en texte libre) et laissez-y vos coordonnées postales complètes pour l'envoi du roman. Confidentialité garantie. Ce concours est ouvert à tous, excepté aux participants du concours 1, en France et en Belgique.

Une seule participation par famille, et les noms des gagnants apparaîtront sur la page "Concours express" du forum après clôture. Précisez également à quel concours vous participez. Pas de panachage. Des questions complémentaires? Posez-les sur la page "concours" du forum. Bonne chance à tous! Et...

Il est possible que au moins l'une des réponses se trouve sur le site, bien dissimulée. 

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