Articles de thierry-mariedelaunois
Dans Partage II
La Belgique en deuil, par Thierry-Marie Delaunois
Suisse, Sierre, 13 mars, 21h15, l'accident, fatal. Une tragédie sans nom. 28 victimes dont 22 enfants, et 24 blessés, certains grièvement.
Comment rester de glace face à l'horreur? Nous sommes tous faits de chair et de sang, avec un coeur battant la chamade à la moindre émotion, fait pour s'emballer, souffrant parfois mille morts car la vie n'est pas toujours un cadeau.
Les mots, dans ces circonstances, sont-ils utiles? S'ils sont francs, simples et sincères. Et s'ils viennent d'un écrivain auteur de romans centrés sur l'être humain? A condition qu'il se positionne du côté de ceux et celles qui souffrent.
Dignité, sobriété, partage et recueillement sont les mots, les seuls, que je lance ici, par cet hommage: compatissons, prions si nous croyons, recueillons-nous sans hésiter et nos pensées s'envoleront vers les familles, les proches et les connaissances de nos disparus petits et grands.
Et surtout ne les oublions jamais: les cloches sonneront, les bougies s'enflammeront, les coeurs à l'unisson, l'esprit porté par nos sentiments: "Nous sommes avec vous, parents et proches". La nuit succédera au jour, l'aube au crépuscule, reprendre la route sera pénible mais "Vous n'êtes pas seuls".
Dans Partage II
Thierry-Marie Delaunois: la séance de dédicaces, arme à double tranchant?
Une belle arme qu'une séance de dédicaces: qu'il soit connu, reconnu ou les deux à la fois (mais les deux ne vont pas toujours de pair), l'auteur ne manquerait que rarement pareille occasion de mettre en valeur ses oeuvres et publications récentes et plus anciennes. Salon du livre, Foire du livre, séances en librairie, pourquoi dénigrerait-il les contacts? C'est également bon pour l'image: poignées de main fermes, sourires élaborés, échanges verbaux, souvent du verbiage mais qu'importe: l'auteur est valorisé et, cerise sur le gâteau, il vend davantage ses publications celles-ci une fois paraphées et/ou dédicacées. Quel amoureux des lettres ne serait pas intéressé par la signature d'un Schmitt ou d'un Jardin? La promotion des Lettres passe aussi par le chemin des dédicaces: dans les salons et foires, la cohue ne permet pas toujours un véritable échange mais l'oeuvre est malgré tout remarquée bien que ce soit ici surtout l'auteur qui soit mis en lumière. La séance en librairie? L'idéal selon moi car plus intime, réelle, permettant un meilleur partage d'idées et de points de vue.
Mais il y a le revers: se montrer, n'est-ce pas de l'auto-satisfaction en puissance? Un signe d'arrogance? Une manoeuvre pour se faire applaudir ou féliciter, de se faire prendre en photos? Le "moi, je..." est alors comblé, principalement si la notoriété n'est pas liée à la qualité des ouvrages publiés. Se faire remarquer, c'est en fait un art: ne pas en faire trop ni trop peu, bien se placer, se positionner, mêler la pudeur et la mise en valeur, faire attention à ses propres paroles, le contraire d'un véritable échange. Rouler des mécaniques, réajuster son col, sa cravate ou son noeud papillon, ébaucher un sourire satisfait, cela se voit parfois dans un salon du livre, rarement le public est dupe. Une séance de dédicaces peut-elle en fin de compte dévaloriser un auteur? Certains écrivains n'apparaissent quasiment jamais non par dénigrement mais par prudence et/ou discrétion. L'oeuvre avant tout, son créateur ensuite. La question de l'image reste en suspens: venir ou ne pas venir? Parfois un dilemme par peur de se faire cataloguer dans la moins bonne catégorie. La séance arme à double tranchant? En quelque sorte. Dures paroles? Réalistes! En ce qui me concerne, cela restera toujours essentiellement un partage d'égal à égal.
Une première lecture pour cette saison:


